Aimer ce qui est

Amor Fati est une locution latine qui fut introduite par le philosophe allemand Friedrich Nietzsche au XIXᵉ siècle. Amor fati signifie « l’amour du destin » ou « l’amour de la destinée », ou plus communément le fait “d’accepter son destin.”

Notre manière d’évaluer les choses est ce qui détermine notre degré de plaisir ou d’anxiété.

Par conséquent, si l’on apprenait à voir tout d’un œil égal, l’ensemble des circonstances de notre vie, notre mental demeurerait en paix.

La sérénité s’installe dans le mental si l’on pose un regard équanime sur tout ce que nous vivons, ainsi notre existence peut être apprécié à sa juste valeur.

 “Amor fati” nous invite à une acceptation joyeuse et sans jugement de ce qui est.

Loin d’être un fatalisme et une résignation passive, il s’agit de regarder la vie et l’homme tels qu’ils sont et non tels que nous croyons qu’ils sont.

« Ma formule pour ce qu’il y a de grand dans l’homme est amor fati : ne rien vouloir d’autre que ce qui est, ni devant soi, ni derrière soi, ni dans les siècles des siècles. Ne pas se contenter de supporter l’inéluctable, et encore moins se le dissimuler – tout idéalisme est une manière de se mentir devant l’inéluctable -, mais l’aimer. » Nietzsche, Ecce homo

En plus de l’acceptation, c’est une notion d’amour du réel qu’exprime Nietzsche.

Sa pensée est un grand “oui” à la vie et à l’existence tout entière. Loin d’être un fatalisme et une résignation passive, “amor fati” nous invite à une acceptation joyeuse de ce qui est. En plus de l’acceptation, c’est une notion d’amour du réel qu’exprime Nietzsche à travers cette locution latine, qu’on peut traduire par “amour du destin”, “amour de la destinée”.

En comprenant que toute la réalité est bonne, l’homme doit s’épanouir dans chacun de ses actes et agir de manière à être prêt à vouloir revivre indéfiniment la même vie.

Pour cela, il me semble indispensable de réaliser en cette vie temporelle notre nature atemporelle.

De tous les temps et en tous lieux, l’humanité a vu s’élever des voix pour nous rappeler à notre véritable nature non duelle, au fait que malgré la multiplicité des formes et des expériences, le Un régnait en toute chose et que c’est Cela que je suis ultimement.

Il existe des enseignements qui ne sont pas là pour ajouter du savoir, de la connaissance, des pratiques, des rituels mais sont simplement une invitation à voir ce par quoi tout est vu.

Nous sommes déjà pleinement ce que nous cherchons. Il suffit de pour cela de se retourner vers l’intérieur en se détachant du film de la vie, de notre vie pour réaliser que nous avons toujours été l’écran sur lequel le film se projetait. De cette réalisation dépend ultimement la fin de la souffrance.

Le très beau texte  de Jiddu Krishnamurti sur la vérité me semble proche de la philosophie de l’Advaïta Vedanta :

« La vérité n’a pas de sentier, et c’est cela sa beauté : elle est vivante. Une chose morte peut avoir un sentier menant à elle, car elle est statique. Mais lorsque vous voyez que la vérité est vivante, mouvante, qu’elle n’a pas de lieu où se reposer, qu’aucun temple, aucune mosquée ou église, qu’aucune religion, qu’aucun maître ou philosophe, bref que rien ne peut vous y conduire — alors vous verrez aussi que cette chose vivante est ce que vous êtes en toute réalité : elle est votre colère, votre brutalité, votre violence, votre désespoir. Elle est l’agonie et la douleur que vous vivez.
La vérité est la compréhension de tout cela, vous ne pouvez le comprendre qu’en sachant le voir dans votre vie. Il est impossible de le voir à travers une idéologie, à travers un écran de mots, à travers l’espoir et la peur.
Nous voyons donc que nous ne pouvons dépendre de personne. Il n’existe pas de guide, pas d’instructeur, pas d’autorité. Il n’y a que nous et nos rapports avec les autres et avec le monde. Il n’y a pas autre chose. Lorsque l’on s’en rend compte, on peut tomber dans un désespoir qui engendre du cynisme ou de l’amertume, ou, nous trouvant en présence du fait que nous et nul autre sommes responsables de nos pensées, de nos sentiments, et de nos actes, nous cessons de nous prendre en pitié. En général, nous prospérons en blâmant les autres, ce qui est une façon de se prendre en pitié. »

On pourrait définir  la recherche spirituelle comme l’art de penser pour que la pensée se dissolve ; ou encore, la pensée comme remède pour la pensée.

Crédit photographique: Jonna Jinton