Citations de Krishnamurti “1895-1986”

Biographie : Jiddu Krishnamurti, sage et penseur inclassable, est né à Mandanapalle (Andhra Pradesh) en Inde, le  dans une famille de brahmanes de dix enfants. Son père faisant partie de la Société Théosophique, Jiddu est remarqué à l’âge de 14 ans par le théosophe Charles W. Leadbeater.

La Société Théosophique voit alors en lui une incarnation de “l’Instructeur Mondial”, le Seigneur Maitraya, ainsi que l’avait annoncé Helena Petrovna Blavatsky en 1889. Annie Besant, présidente de la section européenne de la Société Théosophique, prend alors en main son éducation, en Inde, à Londres et même à Paris et l’installe à la tête de l’Ordre International de l’Etoile d’Orient à l’âge de 16 ans. Jiddu Krishnamurti devient vite un penseur de grande envergure, ne relevant d’aucune religion ou doctrine philosophique. Il ne croit pas à l’existence des “Maîtres”, et déteste être l’élu que les théosophes veulent faire de lui. Il récuse donc avec fermeté son rôle messianique et annonce en 1929, devant un auditoire de 3000 personnes, à Ommen (en Hollande) la dissolution de l’Ordre de l’Etoile d’Orient, provoquant une grande confusion dans le mouvement théosophique. “Citoyen du monde”, il voyage beaucoup pour enseigner sa pensée, aux Etats-Unis, où il réside, en Angleterre, en Suisse (rencontres estivales de Saanen), en Inde. Les textes de ses conférences ont été rassemblés dans une soixantaine de volumes. Il meurt le 17 février 1986, aux Etats-Unis, à Pine Cottage, à côté de Los Angeles, à près de 91 ans. Une de ses déclarations le résume parfaitement : “Ma seule préoccupation est de rendre les hommes absolument, inconditionnellement libres”. Sa bibliographie : La première et dernière liberté (1964), De l’éducation (1965/1970), De la connaissance de soi (1967), Se libérer du connu (1970), La révolution du silence (1970).

  1. L’éducation conventionnelle ne nous permet d’atteindre que très difficilement à une pensée indépendante. La conformité mène à la médiocrité.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.1, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  2. […] toute réforme engendre la nécessité de nouvelles réformes.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.2, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  3. Tant que l’éducation ne cultivera pas une vie intégrale de la vie, elle n’aura donc que peu de valeur.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.3, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  4. Tenter de résoudre les nombreux problèmes de l’existence à leurs niveaux respectifs, isolés tels qu’ils sont dans leurs catégories, indique un manque complet de compréhension.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.4, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  5. L’instruction ne doit pas être un simple entraînement de l’esprit. Entraîner l’esprit c’est le rendre efficient, ce n’est pas le mener à la plénitude.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.5, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  6. Comprendre la vie c’est nous comprendre nous-mêmes, et voilà le commencement et la fin de l’éducation.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.6, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  7. L’intelligence est la capacité de percevoir l’essentiel, le « ce qui est ». Éveiller cette capacité en soi-même et chez les autres, c’est cela l’éducation.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.7, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  8. L’éducation devrait éveiller la capacité de se percevoir soi-même et non une complaisance pour l’expression de la personnalité.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.8, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  9. […] un savoir-faire ne peut jamais engendrer une compréhension créatrice.
    L’éducation, de nos jours, est une faillite complète parce qu’elle accorde la primauté à la technique. En lui accordant cette importance excessive, nous détruisons l’homme. Cultiver la capacité et l’efficience sans comprendre la vie, sans avoir une perception compréhensive des démarches de la pensée et des désirs, c’est développer notre brutalité, provoquer les guerres, et, en fin de compte, mettre en péril notre sécurité physique.

    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.10, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  10. L’homme qui sait faire éclater l’atome mais qui n’a pas d’amour en son coeur devient un monstre.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.11, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  11. L’éducation doit aider l’individu à mûrir librement, à s’épanouir en amour et en humanité.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.16, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  12. C’est parce que nous sommes si desséchés nous-mêmes, si vides et sans amour que nous avons permis aux gouvernements et aux systèmes de s’emparer de l’éducation de nos enfants et de la direction de nos vies ; mais les gouvernements veulent des techniciens efficients, non des êtres humains, car des êtres vraiment humains deviennent dangereux pour les États et pour les religions organisées. Voilà pourquoi les gouvernements et les Églises cherchent à contrôler l’éducation.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.17, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  13. L’éducation dans le vrai sens de ce mot consiste à comprendre l’enfant tel qu’il est, sans lui imposer l’image de ce que nous pensons qu’il devrait être.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.19, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  14. Ce n’est que dans la liberté individuelle que l’amour et l’humain peuvent fleurir ; et seule une éducation basée sur la connaissance de soi peut offrir cette liberté.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.22, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  15. La discipline est un moyen facile d’avoir l’enfant en main, mais elle ne l’aide pas à comprendre les problèmes que pose la vie. Une certaine forme de contrainte, une discipline comportant des punitions et de récompenses peuvent être nécessaires pour maintenir l’ordre et une tranquillité apparente, lorsqu’un grand nombre d’élèves se trouvent entassés dans une classe ; mais un bon éducateur, n’ayant à s’occuper que d’un petit nombre d’élèves, aurait-il besoin d’un régime d’oppression, poliment intitulé discipline ? Si les classes sont peu nombreuses et que le maître peut accorder toute son attention à chaque enfant, l’observer et l’aider, la contrainte ou la domination ne sont évidemment nécessaires sous aucune forme.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.26, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  16. C’est l’intelligence qui engendre l’ordre, non la discipline.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.27, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  17. Le but de l’éducation est d’établir des rapports intelligents, non seulement entre un individu et l’autre, mais aussi entre l’individu et la société en général ; et c’est pourquoi il est essentiel que l’éducation, d’abord et surtout, aide à la fois le maître et l’élève à comprendre leurs propres processus psychologiques.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.28, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  18. Dès l’instant que nous écartons l’idée d’autorité, nous nous trouvons associés les uns aux autres, et alors la coopération et l’affection mutuelle deviennent possibles.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.30, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  19. Le véritable problème de l’éducation est l’éducateur.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.30, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  20. Pour comprendre le sens de la vie, de ses conflits et de ses douleurs, il nous faut penser indépendamment de toute autorité, y compris celle des religions organisées.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.31, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  21. La vraie religion est pourtant la culture de la liberté dans la recherche de la vérité.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.33, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  22. La plupart des enfants sont curieux de nature ; ils veulent savoir ; mais leurs questions pressantes sont étouffées par nos assertions pompeuses, notre impatiente supériorité, notre façon négligente de faire taire leur curiosité. Nous n’encourageons pas leur désir de nous interroger, souvent nous redoutons leurs questions ; nous n’alimentons pas leur inquiétude, car nous avons nous-mêmes cessé d’explorer.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.35, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  23. Se mettre à la remorque d’une personnalité, quelque forte qu’elle soit, ou se laisser attirer par une idéologie, ce ne sont pas là les moyens de créer un monde paisible.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.38, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  24. Tant que nous prendrons le succès pour but, nous ne serons pas affranchis de la peur, car le désir de réussir engendre inévitablement la crainte d’échouer. Voilà pourquoi l’on ne devrait pas enseigner aux jeunes le culte du succès. La plupart des personnes recherchent le succès sous une forme ou une autre, que ce soit sur un court de tennis, dans le monde des affaires, ou en politique. Nous voulons tous être parmi les premiers, et ce désir ne cesse d’engendrer des conflits en nous-mêmes, ainsi qu’entre nous et nos voisins. Il mène à la compétition, à l’envie, à l’animosité et finalement à la guerre.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.38, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  25. La maturité n’est pas une question d’âge : elle vient avec la compréhension.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.39, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  26. Instruire un enfant, c’est l’aider à comprendre la liberté et l’intégration. Pour qu’existe la liberté, il faut de l’ordre, l’ordre que seule la vertu peut réaliser. Quant à l’intégration, elle ne peut se produire que dans l’extrême simplicité. En partant de nos innombrables complexités, nous devons grandir vers la simplicité. Nous devons devenir simples dans notre vie intérieure et dans nos besoins extérieurs.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.40, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  27. Instruire dans le vrai sens du mot, c’est aider l’étudiant à comprendre son propre processus, dans sa totalité. Car ce n’est que l’intégration de l’esprit et du coeur dans l’action quotidienne qui suscite l’intelligence et une transformation intérieure.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.41, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  28. Nous devons commencer à comprendre nos relations avec nos semblables, avec la nature, avec les idées et les objets, car, sans cette compréhension, il n’y a pas d’espoir, il n’y a pas d’issue aux conflits et aux misères.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.45, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  29. Si peu d’entre nous savent aimer ! Par contre, nous sommes très absorbés par les apparences de l’amour.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.45, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  30. Ce dont nous devons nous rendre compte c’est que nous ne sommes pas seulement conditionnés par le milieu : nous « sommes » le milieu ; nous ne sommes pas une chose différente de lui. Nos pensées et nos réactions sont conditionnées par les valeurs que la société, dont nous sommes partie intégrante, nous a imposées.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.51, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  31. Le sage n’use pas d’autorité et l’homme qui a de l’autorité n’est pas un sage. La peur sous n’importe quelle forme nous empêche de nous comprendre nous-mêmes et de comprendre nos relations avec le monde.
    Suivre une autorité c’est rejeter l’intelligence. Accepter une autorité c’est se soumettre à la domination ; c’est se laisser subjuguer par un individu, un groupe ou une idéologie religieuse ou politique. Et cette sujétion est un déni à soi-même, non seulement d’intelligence mais aussi de liberté.

    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.55, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  32. Il faut de l’amour avant qu’il n’y ait l’expression de l’amour.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.61, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  33. Avoir un esprit ouvert est plus important qu’apprendre ; et nous pouvons ouvrir notre esprit, non en le bourrant de connaissances, mais en étant conscients de nos pensées et de nos sentiments, en nous examinant attentivement nous-mêmes, en percevant les influences qui nous entourent, en écoutant les autres, en observant les riches et les pauvres, les puissants et les humbles. La sagesse n’est pas le fruit de la peur et de l’oppression ; elle surgit lorsqu’on observe et comprend les incidents quotidiens, dans les relations humaines.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.61, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  34. Les leaders et leurs autorités sont facteurs de détérioration dans n’importe quelle culture. Suivre quelqu’un c’est n’avoir pas de compréhension ; il n’y a là que crainte et conformité, lesquelles aboutissent à la cruauté des États totalitaires et au dogmatisme des Églises.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.65, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  35. Le nationalisme est une maladie ; il ne pourra jamais instaurer l’unité du monde. La maladie n’est pas une étape vers la santé : c’est la guérison qu’il nous faut.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.69, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  36. L’enseignement qui ne forme que de merveilleux ingénieurs, des hommes de science brillants, des chefs d’entreprises capables, des ouvriers habiles, ne pourra jamais unir les oppresseurs et les opprimés ; et nous pouvons voir que notre système d’éducation, qui encourage les nombreuses causes de querelles et de haine entre êtres humains, n’a pas empêché les assassinats de masses qui ont eu lieu au nom d’un pays ou de Dieu.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.70, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  37. Le contrôle de l’enseignement par l’État est une calamité. Il n’y a aucun espoir d’établir la paix et l’ordre dans le monde, tant que l’éducation est au service des États ou des Églises.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.73, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  38. Dans une société établie sur l’esprit de compétition, il ne peut y avoir de fraternité ; et aucune réforme, aucune dictature, aucune méthode éducative ne l’engendrera.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.74, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  39. Mais qu’arriverait-il si nous nous débarrassions des obstacles qui barrent la route à l’intelligence, tels que l’autorité, les croyances, le nationalisme et tout esprit hiérarchique ? Nous serions des personnes ne subissant le joug d’aucune autorité, c’est-à-dire des êtres humains en rapports directs les uns avec les autres, et alors, peut-être, y aurait-il de l’amour et de la compassion.
    Ce qui est essentiel dans l’éducation, comme en tout autre domaine, c’est d’avoir des personnes compréhensives et affectueuses, dont les coeurs ne sont pas remplis de phrases vides, de constructions de l’esprit.

    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.75, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  40. La guerre est la projection spectaculaire et sanglante de notre vie quotidienne. C’est un précipité de nos vies de tous les jours. Et sans une transformation de nous-mêmes, il y aura forcément toujours des antagonismes nationaux et raciaux, de puériles querelles idéologiques, une multiplication de soldats, les saluts aux drapeaux et les brutalités sans nombre qui concourent à créer le meurtre organisé.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.76, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  41. Si nous aimions réellement nos enfants, nous voudrions les sauver et les protéger, nous ne permettrions pas qu’ils soient sacrifiés dans des guerres.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.77, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  42. […] la brutalité va de pair avec le culte du succès.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.78, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  43. L’État souverain ne vaut pas que ses citoyens soient libres, qu’ils pensent par eux-mêmes. Il les domine donc par tous les moyens possibles, propagande, interprétations historiques déformées, etc. Voilà pourquoi l’éducation consiste de plus en plus à enseigner « quoi penser » et non « comment penser ». Si notre pensée était indépendante du système politique en vigueur, nous serions dangereux ; des institutions libres pourraient former des pacifistes ou des hommes dont la pensée serait contraire au régime.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.78, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  44. Croire que la paix puisse s’obtenir par la violence, c’est sacrifier le présent à un idéal futur ; et cette recherche d’une fin juste par des moyens faux est une des causes du désastre actuel.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.79, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  45. Il est cependant étrange que des mots tels que « système », « institution », aient acquis une telle importance pour nous. Les symboles ont pris la place de la réalité et nous en sommes heureux car la réalité dérange tandis que les ombres réconfortent.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.84, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  46. La vraie révolution n’est pas celles qui sont sanglantes : elle se produit par le développement de l’intégration et de l’intelligence en des individus qui, par leur vie même, produiront des changements radicaux dans la société.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.86, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  47. L’enthousiasme qui ne dépend que d’une seule personne n’est pas durable : il est superficiel, sans connaissance ni valeur, car il peut être détourné au service d’une autre personne et de ses fantaisies.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.87, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  48. Orienter vers un objectif que l’on a posé soi-même ou que d’autres imposent, c’est étouffer la faculté de créer.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.93, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  49. Le monde que nous avons créé est si superficiel, si artificiel, si laid, quand on le regarde derrière le rideau ! Mais nous décorons le rideau en espérant que, d’une façon ou d’une autre, les choses s’arrangeront à peu près.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.94, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  50. L’éducateur n’est pas un simple agent de renseignements : il oriente vers la sagesse, vers la vérité. La vérité est beaucoup plus importante que le maître. La recherche de la vérité est religion. Et la religion n’est d’aucun pays, d’aucune foi.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.95, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  51. La vraie éducation commence par celle de l’éducateur. Il doit se comprendre lui-même et être affranchi des façons de penser stéréotypées. Car son enseignement est à l’image de ce qu’il est. Lorsque l’instruction qu’il a reçue n’a pas une base de vérité, que peut-il enseigner, si ce n’est le savoir mécanique qu’il possède ? Le problème, donc, n’est pas l’enfant mais les parents et le maître. Le problème est l’éducation de l’éducateur.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.97, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  52. Les parents qui aiment leurs enfants ne sont pas nationalistes ; ils ne s’identifient à aucun pays ; car le culte de l’État engendre la guerre qui tuera ou mutilera leurs fils. Les parents qui aiment leurs enfants savent comment se comporter par rapport aux possessions ; car l’avidité a donné à celles-ci une valeur fausse et énorme qui est en train de détruire le monde. Les parents qui aiment leurs enfants n’appartiennent à aucune religion organisée ; car les dogmes et les croyances ont divisé les hommes en groupements ennemis ; ils ont engendré l’inimitié entre l’homme et l’homme. Les parents qui aiment leurs enfants rejettent l’envie et les querelles, et se mettent à la tâche de changer radicalement la structure sociale actuelle.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.100, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  53. Le prêtre, le politicien, l’homme de loi, le soldat, sont tous là pour « aider » ; mais ces secours détruisent l’intelligence et la liberté.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.106, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  54. Toute relation humaine devrait être une éducation réciproque ; et comme l’isolement de protection que fournissent les connaissances, les succès, l’ambition, ne font qu’intensifier l’envie et l’inimitié, le bon éducateur transcende ces murs qui l’entourent.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.107, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  55. S’attendre à être apprécié et soutenu est un manque de maturité.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.111, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  56. Ainsi, dans le domaine religieux, comme dans tous les autres, l’esprit est prisonnier des projections de ses désirs.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.118, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  57. Être créatif ce n’est pas simplement produire des poèmes, des statues ou des enfants ; c’est être dans un état où la vérité peut entrer en existence. La vérité naît lorsqu’il y a cessation complète de la pensée ; et la pensée ne disparaît que lorsque le moi est absent, lorsque l’esprit a cessé de créer, c’est-à-dire lorsqu’il n’est plus prisonnier de ses poursuites. Lorsque l’esprit est complètement arrêté sans avoir été forcé de s’immobiliser ou entraîné à la quiétude, lorsqu’il est silencieux parce que le moi est inactif, alors il y a création.
    (De l’Éducation, trad. Carlo Suarès , p.125, Delachaux et Niestlé, 1965)
     
  58. La cause fondamentale du désordre en nous-mêmes est cette recherche d’une réalité promise par autrui. Nous obéissons mécaniquement à celui qui nous promet une vie spirituelle confortable. Alors que la plupart d’entre nous sont opposés à la tyrannie politique et à la dictature, c’est extraordinaire à quel point nous acceptons l’autorité et la tyrannie de ceux qui déforment nos esprits et qui faussent notre mode de vie.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.9, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  59. […] chercher la vérité c’est passer de la vitrine d’une boutique à une autre.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.10, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  60. En essayant de vous conformer à l’idéologie, vous vous oblitéreriez vous-mêmes tandis que ce qu’il a de vrai n’est pas l’idéologie ; la vérité est ce que vous êtes.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.15, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  61. […] cette colossale paresse que sont l’acceptation et l’obéissance.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.16, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  62. Aussitôt que l’on se dit « je me comprends », on a déjà cessé d’apprendre quoi que ce soit à son propre sujet.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.22, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  63. L’homme plein d’assurance est un être humain mort.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.23, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  64. Ayant élaboré tout un réseau d’évasions, nous sommes prisonniers de notre habitude de fuir.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.26, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  65. Le subconscient m’apparaît, quant à moi, aussi insignifiant et stupide que le conscient: aussi étroit, crédule, conditionné, angoissé, vulgaire.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.29, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  66. La liberté de penser n’existe pas. C’est une sottise que de le croire.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.37, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  67. On ne peut penser à la joie: c’est une chose immédiate. En y pensant, on la transforme en plaisir. La vie dans le présent est la perception immédiate de la beauté et la délectation qu’elle comporte, sans la recherche du plaisir qu’elle pourrait procurer.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.38, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  68. Le passage de la certitude à l’incertitude est ce que j’appelle la peur.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.42, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  69. Lorsque vous vous dites Indien, Musulman, Chrétien, Européen, ou autre chose, vous êtes violents. Savez-vous pourquoi ? C’est parce que vous vous séparez du reste de l’humanité, et cette séparation due à vos croyances, à votre nationalité, à vos traditions, engendre la violence.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.52, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  70. Essayez, faire de son mieux, cela n’existe pas. On fait la chose ou on ne la fait pas.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.57, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  71. Si l’on ne se compare à personne, on devient ce que l’on est.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.64, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  72. La liberté est un état d’esprit, non le fait d’être affranchi de « quelque chose »; c’est un sens de liberté; c’est la liberté de douter, de remettre tout en question; c’est une liberté si intense, active, vigoureuse, qu’elle rejette toute forme de sujétion, d’esclavage, de conformisme, d’acceptation. C’est un état où l’on est absolument seul […].
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.69, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  73. L’homme qui vit sans conflits, qui vit en présence de la beauté et de l’amour, ne craint pas la mort, car aimer c’est mourir.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.77, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  74. Créer une séparation entre ce qui « est », et ce qui « devrait être » est la façon la plus illusoire de considérer la vie.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.81, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  75. Mais lorsque vous préparez vos enfants à être adaptés à la société, vous les préparez à se faire tuer. Si vous aimiez vos enfants, vous n’auriez pas de guerres.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.83, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  76. Est-ce qu’une fleur, pleine de lumière, de beauté dit: « je donne, j’aide, je sers » ? Elle « est » ! Et parce qu’elle n’essaie pas de faire quelque chose, elle recouvre la terre.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.102, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  77. Un esprit vivant est une esprit silencieux qui n’a pas de centre et, par conséquent, ni espace ni temps. Un tel esprit est sans limites, et c’est la seule vérité, la seule réalité.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.111, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  78. Une des caractéristiques les plus curieuses de la psyché est ce désir de se faire instuire, conséquence de dix mille années de propagande. Nous voulons que notre façon de penser soit confirmée et corroborée par autrui, tandis que poser une question c’est se la poser à son propre sujet.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.122, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  79. On ne peut pas inviter le vent, mais on doit laisser la fenêtre ouverte […]
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.123, Livre de Poche n°13820, 2007)
     
  80. La passion est une chose assez effrayante, parce que, lorsqu’on l’a, on ne sait pas où elle vous mènera.
    (Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.124, Livre de Poche n°13820, 2007)

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