Et si vous regardiez les choses sous un angle différent ?

“Une croyance n’est pas une idée que l’esprit possèdec’est une idée qui possède l’esprit Robert Oxton Bolt

On ne croit pas ce que l’on voit, on croit ce que l’on interprète de ce que l’on voit, en fonction des opinions et des stéréotypes que l’on partage.

Penser et croire se confondent sans cesse. À moins de vouloir tromper, ce que l’on pense suppose déjà croyance.

C’est l’autre qui proteste : « Tu ne peux pas penser ça ! » ou « tu ne peux pas croire ce que tu dis ! »

On pense en effet à l’intérieur d’un système de représentations que l’on remet rarement en question à moins d’une démarche spécialement et volontairement critique.

Non seulement « je pense donc je suis », mais « je pense donc je crois ».

Il se dit aussi bien « je pense que », que « je crois que », ce sont deux affirmations de soi équivalentes.

La croyance est donc le fait de tenir une chose pour vraie ou vraisemblable, d’accorder du crédit à une idée, de donner créance ou d’ajouter foi à un récit », selon le Dictionnaire international de psychanalyse.

Freud se définissait comme incroyant et ne cachait pas son athéisme.

Cette position, extérieure à toute vérité non démontrée, lui fait apparaître la croyance comme « une anomalie exigeant une explication ». 

On peut donc la considérer comme le degré minimal du savoir, parent pauvre de la connaissance scientifique par sa subjectivité, sa proximité avec l’opinion du plus grand nombre.

Elle est, dans un premier temps, une affirmation au caractère incertain car non étayée scientifiquement, proche d’une supposition au caractère subjectif.

La croyance ne serait qu’une approximation de vérité par sa dimension individuelle, opposée au caractère universel de la raison. Toute croyance impose notre confrontation avec l’épreuve de réalité. 

Epictète disait : « Ce ne sont pas les événements qui perturbent l’homme mais sa façon de les interpréter. »

La croyance flirte parfois avec la pathologie.

En faisant fi de la réalité, elle peut frôler une vision délirante du monde, expérience qui traverse tous les degrés, de la crédulité à l’adhésion, jusqu’à la superstition ou même la conviction délirante.

Tout délire est fondé sur une croyance qui lance un défi au réel. On peut croire à l’Immaculée Conception, au diable ou encore à l’existence des petits hommes verts et certains n’ont guère besoin de preuves pour étayer leur croyance.

Cette dernière donne un contenu figuré à des angoisses indéfinissables pouvant aller jusqu’à la certitude paranoïaque.

   
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