La thérapie par le sens

La logothérapie ou la thérapie par le sens

Le sens est un des remèdes aux maux de l’existence,  la santé requiert que notre vie ait du sens !

La capacité de donner un sens aux événements est ce qui rend la personne la plus apte à faire face aux problèmes et aux difficultés de la vie.

Et ce sens est fortement tributaire des réponses apportées aux grandes questions existentielles : la vie vaut-elle la peine d’être vécue? A-t-elle une signification? A-t-elle une finalité? Combien de souffrances, de maladies, de dépressions prennent racine dans l’absence de réponses à ces questions fondamentales.

Le sens est un besoin vital

Nous éprouvons un besoin viscéral de sens comme nous avons besoin d’eau, d’air, de lumière, de nourriture.

Quand nous ne trouvons pas le sens d’une chose, d’un événement, quand nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, nous nous sentons démunis, insécurisés. L’angoisse alors s’installe et le premier réflexe est de paniquer. On veut comprendre pourquoi ?

C’est bien normal.

Toutes les personnes qui œuvrent auprès des malades vous le diront, la question qui revient le plus souvent, consciemment ou inconsciemment, est  la suivante: « Quel est le sens de ce qui m’arrive ? »

Une personne malade disait : «Trouver une explication, comprendre comment et, surtout, pourquoi je suis tombée malade.

C’est tout ce que je voulais.»

Jocelyne Benoit qui accompagne des malades en phase terminale fait le même constat : «J’ai observé, dit-elle, que les mêmes questions reviennent souvent.

Les gens me demandent ce que ça leur a donné de vivre.»

L’importance du sens est corroborée par un psychothérapeute qui affirme : « Guérir le client, ce n’est pas lui remplir la tête de connaissances psychologiques ou biologiques. Le guérisseur découvre sa mission quand il donne un sens à la maladie. »

 La médecine s’occupe du «comment» mais pas du «pourquoi»

Le psychanalyste Tobie Nathan constate qu’un médecin, à la question «Pourquoi ai-je mal ?»

peut répondre par quelque chose du genre «Parce que vous avez une fracture à la jambe!»

Mais il ne peut jamais répondre à des questions du genre «Pourquoi est-ce moi qui suis tombé de l’arbre et non mon frère, ou mon cousin?»

«Pourquoi suis-je tombé de l’arbre précisément ce jour-là ?»

Il est difficile de répondre à ces questions parce qu’elles invitent à construire un sens.

Sylvie Lafrenaye, pédiatre spécialisée en soins intensifs, doit régulièrement faire face à ces questionnements.

Elle avoue : « En médecine et en science, on est excellents dans le « comment ». Comment c’est arrivé, comment ça se fait que l’antibiotique ne fonctionne pas…

Mais on n’a pas de réponse au « pourquoi », alors on l’élude, explique-t-elle. »

La logothérapie a été développée Victor Emil Frankl (1905 – 1997), psychiatre et neurologue autrichien, est l’auteur de Man’s Search for Meaning (traduit par Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie), ouvrage élu par la Library of Congress parmi les 10 plus influents en Amérique et vendu à plus de neuf millions d’exemplaires à travers le monde. Dans ce livre, Frankl raconte comment il a survécu aux camps de concentration en trouvant une signification personnelle à cette expérience, ce qui lui a donné la volonté de vivre.

Il a ensuite créé une nouvelle école de thérapie existentielle appelée logothérapie, fondée sur le principe de volonté de sens, facteur de motivation fondamental, même dans les circonstances les plus difficiles. Selon Frankl, en l’absence de sens, les gens remplissent le vide de plaisirs hédonistes, de pouvoir, de possessions, de haine, d’ennui ou d’obsessions et de compulsions névrotiques. Il est donc essentiel de (re)trouver ce pour quoi nous vivons.

Le sens avant toute chose

Man’s Search for Meaning raconte comment l’esprit humain réagit face aux difficultés et aux menaces de mort. Frankl y explique qu’une personne qui a une raison de rester en vie peut survivre à n’importe quel processus de sous-traitance, peu importe sa durée ou sa profondeur.

Il expose 4 principes fondamentaux :

1. L’homme a toujours le pouvoir de choisir son existence
Cette vision stoïque de la responsabilité va à l’encontre de l’idée que nous sommes conditionnés par la situation. Peu importe celle-ci, l’homme a la capacité de choisir comment il va l’affronter.

Frankl considère la responsabilité comme l’essence de l’existence. Pour lui, notre capacité d’affronter la vie, et à être responsable envers elle, est un facteur majeur pour trouver un sens et, par conséquent, être épanoui. Chaque individu possède une liberté spirituelle qui lui permet de choisir son attitude à l’égard de la vie.

A propos de la vie dans les camps, il écrit : « Il y a toujours des choix à faire. Chaque jour, chaque heure, donne l’occasion de prendre une décision, une décision qui détermine si vous vous soumettez ou non à ces pouvoirs qui menacent de vous priver de votre propre votre liberté intérieure ; ce qui détermine si vous deviendrez ou non un jouet des circonstances, renonçant à la liberté et à la dignité pour devenir le personnage typique du détenu résigné. » C’est donc la façon dont un prisonnier résout ces choix qui fait la différence. Les gens ont toujours la liberté de choisir comment ils voient leur situation et de lui donner un sens.

2. Le salut de l’homme passe par l’amour
Lorsque la seule action possible consiste à supporter ses souffrances, la contemplation de l’image de l’être aimé peut aider à atteindre l’épanouissement. Une personne qui n’a plus rien dans ce monde peut donc encore connaître le bonheur, ne fût-ce que pendant un bref instant.

Lorsqu’il était prisonnier, même dans les moments les plus durs de la journée, épuisé, privé de sommeil et sous-alimenté, Frankl a trouvé le salut dans l’amour qu’il avait pour sa femme. Penser à elle – à ses traits, à sa voix et aux petites choses du quotidien – lui a donné la force nécessaire pour endurer la souffrance.

3. Développer une vie intérieure riche pour surmonter la souffrance
S’il y a un sens à la vie, alors il doit y avoir un sens à la souffrance. Les deux sont indissociables. La question n’est donc pas de savoir si nous allons souffrir, mais de savoir comment nous réagirons face à la souffrance.

Frankl émet l’hypothèse selon laquelle les individus sensibles, bien que davantage sujets à la douleur physique, ont un avantage psychologique, à savoir une vie intellectuelle riche et une constitution forte sur laquelle s’appuyer. Ils peuvent se retirer de leur environnement traumatisant pour mener une vie intérieure riche et profiter de leur liberté spirituelle.

Par exemple, dans les camps, certaines personnes étaient capables d’apprécier, lors d’une marche froide dans la neige, la beauté des montagnes, de la forêt ou du lever du soleil. Elles gardaient leur esprit actif en composant des discours, en reconstituant des manuscrits perdus et en imaginant la vie après l’emprisonnement.

4. Ce que la vie attend de nous
Ce qui est vraiment nécessaire, c’est un changement fondamental de notre attitude envers la vie. Selon Frankl, nous devrions nous considérer comme des personnes interrogées à chaque moment par la vie et nous demander ce qu’elle attend de nous.

Notre réponse consiste en action et en conduite justes. En définitive, la vie implique de prendre la responsabilité de trouver la bonne réponse à ses problèmes et de s’acquitter des tâches qu’elle confie constamment à chaque individu.

Demandez-vous si vous restez fidèle à ce que la vie attend de vous. Vous ne pouvez pas être où vous voulez être dans la vie en ce moment, mais alors quoi ? Tout n’est pas à propos de vous. Que pouvez-vous faire pour la vie ? Que pouvez-vous faire pour les autres ?