Pourquoi éviter la source de la vie

Tous tes amis sont la pierre, et tu es le corail. Pourquoi ?
Le ciel, avec tous les êtres est comme le corps, avec toi il est comme l’âme. Pourquoi ?

Quand tu viens, chacun des atomes de mon êtres applaudit ;
Quand tu t’en vas, tous se mettent à gémir. Pourquoi ?
Devant ton image, tous mes atomes deviennent souriants,
En présence de ton ennemi, chacune de mes fibres devient agressive. Pourquoi ?
Sans tes traits, sans tes grains de beauté, tels des points sur ton visage, cette intelligence serait illettrée.
Quant elle aperçoit ces traits, elle devient lettrée, pourquoi ?
Le corps dit à l’âme qu’il faut s’abstenir de son amour,
L’âme lui répond : « Pourquoi éviter la source de la vie, pourquoi ? »
Ton visage est le messager de la beauté et de la splendeur divines,
Et l’âme ne mettrait pas en toi sa foi, en dépit d’une telle preuve ? Pourquoi ?
Où donc trouver une preuve plus claire que ton visage?
Les impies ne coupent-ils pas leurs mains devant Joseph de Canaan ? Pourquoi ?
Là où tu sèmes une graine, là elle germera, un jour.
De la riche semence de la bonté, rien ne pousserait-il donc ? Pourquoi ?
Là où se trouve une ruine, il y a l’espoir d’un trésor ;
Ne cherches-tu pas le trésor de Dieu dans un coeur en ruines ? Pourquoi ?
Je n’ai vu dans le monde, aucun bazar dépourvu de balances :
Tout est pesé sur la balance, et le monde serait sans balance ? Pourquoi ?
Admettons que ces âniers portent des charges de fumier :
Les cavaliers resteront-ils, eux, inactifs dans ce champs ? Pourquoi ?
Chaque mélodie a un début et une fin.
Cesse enfin de parler : cette mélodie n’aurait-elle pas une fin ? Pourquoi ?