Qui suis-je ?

Les années m'ont changé, à la fois physiquement et spirituellement.
Mais l'enfant que je fus demeure en moi, lumineux, inaltéré, mais avec beaucoup de blessures.
Il scrute le monde à travers mes yeux moribonds d'adulte et essaie constamment de comprendre.
M'étant séparé de mon moi illusoire j'ai cherché désespérément un sentier et un sens pour à ma vie.
Aujourd'hui, Il n'y rien pour moi qui puisse être le bonheur, par conséquent je ne peux jamais être malheureux.
Jamais !
Si je ne sais pas ce qu'est le bonheur, comment puis-je être malheureux ?
Le bonheur est toujours relié à ce que vous voulez obtenir.
Si vous obtenez ce que vous voulez vous êtes heureux, si vous ne l'obtenez pas vous êtes malheureux.
C'est toujours relié à autre chose. 
   

” Je ne suis pas un homme qui sait.
J ‘ ai été un homme qui cherche et je le suis encore, mais je ne cherche plus dans les enseignements ni dans les livres : je commence à entendre les enseignements que mon sang murmure en moi.
Mon histoire n’est pas agréable, elle n’est pas douce et harmonieuse comme les histoires inventées ; elle a le goût de l’insensé et de la confusion, de la folie et du sommeil, comme la vie de tous les hommes qui ne veulent plus se mentir à eux-mêmes.”

– Demi – Herman Hesse –

Imparfait et Parfaitement Moi

“Qui suis-je” est une question aussi vieille que l’humanité.

“Qui suisje” ? est aussi le titre donné à un livre qui reprend une série de questions et de réponses ayant trait à la recherche du Soi. Les questions ont été posées à Bhagavan Ramana Maharshi par Shrî M. Sivaprakasam Pillai en 1902.

“Qui suisje” est une question complexe et ambiguë, car il est presque totalement impossible de s’extraire de soi-même pour prendre suffisamment de recul et s’observer. C’est tout le problème du rapport à soi et à la réalité, mais aussi du niveau de conscience qu’on questionne pour répondre à cette question. 

Je suis un être humain, me dit-on. « Être » identifie l’esprit créateur et « humain » (humus/terre), la matière créée.  Je suis donc à la fois le créateur suprême de l’univers et sa créature à la fois.

Voilà mon identité véritable, mais d’aussi longtemps que je me souviens,  j’ai l’impression d’avoir toujours été une sorte d’explorateur…un chercheur d’unité et de vérité, en quête du sens profond de l’existence.

Passionné par la vie, par la nature et tous les bienfais qu’elle nous apporte, j’ai dans un premier temps étudié l’horticulture pour m’orienter ensuite vers la sylviculture et l’étude des écosystèmes des rivières et zones lacustres. J’ai donc passé la première partie de ma vie à travailler dans l’environnement en commençant par l’ Office National Des Forêts (O.N.F) Ensuite, mon besoin d’indépendance m’a conduit à créer mon entreprise de travaux forestiers et d’environnement.
C’est en 1998 que je me suis mis en chemin vers l’humain lorsque j’ai été obligé de quitter ce job que j’affectionnais particulièrement pour des raisons de santé.

Mais cette période passée au sein de la nature a cependant été très riche en enseignements, car il n’y a pas mieux que la nature pour nous enseigner les règles de la vie et des concepts comme l’impermanence, l’interdépendance des phénomènes, l’instant présent etc…

Durant cette période, je me suis éloigné d’une interprétation anthropomorphique du pouvoir divin et de penser le monde, ce qui m’a conduit à repenser les propriétés de Dieu à la lumière de la raison.
Je suis donc plus proche du dieu de  Baruch Spinoza que de la conception judéo-chrétienne du divin. 

L’exigence philosophique est pour moi une démarche qui vise à sortir de l’aveuglement des conditionnements pour libérer la pensée pour rejoindre le nihilisme de Friedrich Nietzsche

“Les valeurs morales ont conduit l’homme à devenir meilleur, plus doux, plus pitoyable, moins capable de force, de courage véritable. Les valeurs nous conduisent à ce sentiment de fatigue par rapport à notre propre vie, on n’a plus le courage d’affronter notre propre vie. Au lieu d’affronter la vie , on va chercher à la comprendre. Le rationalisme socratique prolongé par l’idéalisme platonicien et les religions du livre, c’est précisément l’idée que nous pourrions maitriser le monde grâce à sa compréhension rationnelle. Or la compréhension conduit à des simplifications, elle nous conduit à nous éloigner de la complexité du réel et nous empêche d’affronter la vie elle-même.”

Face à cette obligation de reconversion, je n’avais aucun doute sur le choix de mon futur métier.

Après avoir travaillé dans la nature, je voulais travailler dans l’humain, dans la relation d’aide, devenir utile aux autres.

J’ai réussi à intégrer une formation de travailleur social et j’ai ensuite exercé de nombreux emplois dans ce domaine, formateur, agent d’insertion, porteur de projet, responsable adjoint de résidence sociale…

Comme ce travail était une réelle passion, je n’ai cessé d’acquérir en permanence des nouvelles compétences en me formant à de nouvelles approches de la relation d’aide, la thérapie et le coaching.

Si très tôt, les épreuves et souffrances ont jalonné ma vie, j’ai toujours  pu les traverser, les dépasser voir même les transformer en forces.

Certaine étant d’une violence extrême, ce qui m’a conduit à aller plus loin dans ma recherche, cela a éveillé en moi un réel désir de donner du sens à ce que je vivais comme à ce que j’avais déjà vécu de douloureux dans le passé.

J’ai passé des années à étudier des philosophies, des spiritualités allant du bouddhiste à l’Advaita Vedanta en passant par l’enseignement essénien. j’ai aussi ébranlé ma vision cartésienne en découvrant le monde du chamanisme et certaines de ses pratiques. Cela m’ayant obligé à lâcher beaucoup de croyances et à m’ouvrir à d’autres réalités.

J’ai beaucoup lu, je me suis aussi beaucoup formé mais c’est certainement la vie qui m’a le plus appris. Comme tout le monde, j’ai eu des réussites mais aussi des échecs, j’ai eu des joies mais aussi des peines mais j’ai découvert que cette vie imparfaite qu’était la mienne valait malgré tout la peine d’être vécue, car elle avait un sens, le sens que je choisissais de lui donner.
C’est pour cela que j’en parle aujourd’hui avec tant de conviction et que je me réjouis de partager aujourd’hui avec vous !

 

Je resterais toujours un explorateur de la conscience et du vivant, un accompagnateur dans la compréhension de la vie, mais jamais je n’oublierais que l’océan de ce que je ne sais pas est plus important que le lac dans lequel baigne mes certitudes.

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