Se poser des questions

 

 

« La curiosité est un vilain défaut ». Voilà une expression bien malheureuse !

Il est vrai que parfois être curieux peut être indiscret, intrusif, maladroit. Il y a des situations où il faut être précautionneux pour ne pas indisposer et mettre mal à l’aise.

Malgré tout, il existe des domaines où la curiosité doit être cultivée et entretenue. Dans l’ingénierie, c’est selon moi une composante vitale au développement de compétences et de connaissances.

Se poser une question et essayer d’y apporter une réponse est peut-être la plus simple expression de la curiosité et la base même du développement intellectuel, tous domaines confondus.

 

En regardant autour de soi, on peut voir des objets simples, des machines complexes, des phénomènes physiques, …autant de déclencheurs pouvant provoquer des questions et des idées.

On dit parfois que pour observer un objet, il faut le dessiner. Le dessin impose d’aller regarder le sujet dans ses moindres détails pour parvenir à le reproduire.

 

De la même manière, comprendre le fonctionnement d’un système, c’est être capable de le fabriquer soi-même. Construire une machine c’est se poser une myriade de questions sur son fonctionnement et les paramètres influençant ses performances.

Une citation intéressante de Richard Feynman : « Si vous ne savez pas expliquer quelque chose simplement, c’est que vous ne l’avez pas compris. » complétée par Aurélie Jean : « Si personne ne vous pose de question suite à votre explication, c’est que vous n’avez pas été suffisamment clair ! ». S’efforcer à expliquer permet de mieux comprendre. Comprendre c’est savoir expliquer.

Pour développer sa curiosité, une manière de procéder peut-être de considérer un objet ou un phénomène et de s’entraîner à le reproduire, à l’expliquer et le décrire pour faire naître des questions à son sujet. Détecter une caractéristique, un principe, un mode de fonctionnement, un environnement – n’importe quel aspect – que l’on ne comprend pas. Ensuite, tirer sur le brin de laine pour dérouler la pelote.

Dérouler une pelote de laine c’est le plaisir de découvrir et d’aller d’idée en idée. Se laisser porter par les associations d’idées naturelles vers des domaines que l’on ne connait pas. Internet est un outil formidable pour cette activité.

 

Je me rappelle avoir lu que la bonne question à se poser n’est jamais « Pourquoi … ? » mais plutôt « Comment … ? ».

Le monde qui nous entoure ne fonctionne pas « pour » une raison mais plutôt d’une certaine façon. Il ne faut donc pas se demander « pourquoi » les choses sont ainsi mais plutôt « comment » fonctionnent-elles, évoluent-elles, réagissent-elles comme elles le font.

Le mot « pourquoi » implique de chercher une raison, une justification. C’est imprécis pour s’interroger à propos d’un phénomène physique. On peut s’interroger sur les mécanismes en jeu qui permettent de le comprendre et donc de le reproduire ou le maîtriser mais pas sur sa raison d’être. Il est, point final.

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