C’est quoi l’accompagnement existentiel ?

” Notre philosophie de l’hygiène mentale insiste d’ordinaire sur l’idée que les gens devraient être heureux et que le malheur est un symptôme d’inadaptation.
Une telle conception, valorisée par le système culturel, est sans doute responsable de ce que le fardeau d’un malheur inévitable s’accroît du malheur de ne pas être heureux. “

 Viktor Frankl

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  • Croyez-vous réellement être les seuls à vivre des passages douloureux, à avoir des moments difficiles, à traverser des tempêtes émotionnelles ?

Non, absolument personne n’est à l’abris de rencontrer des problèmes d’argent, de santé, des conflits familiaux, de se retrouver dans la solitude ou l’isolement, à n’importe quel moment un deuil peut venir nous frapper comme la foudre.
Tout le monde peut être confronté à des combats intérieurs, à des incertitudes, à un chaos mental, à des questions existentielles…
Dans ce monde où notre vie semble être balisées par les autres, par la société, il n’est pas toujours facile de trouver sa juste place, de trouver du sens à notre vécu.
Affronter l’adversité de l’existence et traverser ces tempêtes n’est pas toujours facile.

  • Croyez-vous réellement qu’il existe des solutions miracles comme le laissent entendre la plupart des livres de développement personnelle ou ces gens qui vous vendent des méthodes et théories allant de la pensée positive à la loi d’attraction sans oublier ces thérapeutes new-âge qui utilisent des termes savant pour se donner plus de crédibilité ?

Non, chercher à entretenir des pensées positives peut devenir épuisant, chercher à être diffèrent c’est se rejeter soi-même.
Chercher à gérer ou contrôler nos émotions, c’est fuir notre humanité, car vivre pleinement son existence consiste aussi à éprouver des émotions désagréables. 
Se fixer continuellement des buts, des objectifs à atteindre peut devenir extrêmement stressant et de plus, vous ne serez jamais satisfait.
Réveiller votre Kundalini ne fera pas revenir les êtres que vous aimez, harmoniser vos chakras ne remplira pas votre frigo ni ne répondra à vos questions existentielles.

Le bonheur est parfois simple, il suffit d’accepter ce qui est hors de notre contrôle personnel et s’engager à entreprendre des actions qui enrichissent votre vie.
Plus vous agirez comme la personne que vous voulez être, plus on réagira de manière positive à votre endroit et tout ce qui peut vous être un problème aujourd’hui disparaitra de lui même, car votre attention sera focalisée sur ce qui a de l’importance pour vous.
Je me propose de vous accompagner à créer une vie riche, pleine et qui ait du sens, tout en acceptant la douleur qu’elle nous apporte inévitablement.

Quand tu auras renoncé à l’espérance, je t’apprendrai la volonté.
Sénèque

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L’accompagnement existentiel est une discipline à la frontière de la relation d’aide, du coaching de vie et du développement personnel, il intègre aussi des notions philosophiques et de transcendance. 

Le praticien aide les personnes accompagnées durant les crises de conscience, les crises existentielles, les passages à vide, les périodes de changement riches en incertitudes et en souffrances. Il aide à surmonter les turbulences et les incohérences de notre monde complexe, il aide à toucher du doigt vos inspirations, à trouver et définir des projets de vie. Il aide à donner du sens car l’absence de sens constitue un stress existentiel majeur, il aide à replacer l’existence dans une logique systémique loin de tout anthropomorphisme et autres visions illusoires.

Le praticien sait que derrière de nombreuses problématiques se cachent très souvent un vide existentiel ou des questions profondes sur le sens de la vie. Il accompagnera à identifier les croyances et valeurs qui influencent la façon dont un individu perçoit la réalité et réagit à cette perception.
Il vous accompagne dans un cheminement vers votre réalisation personnelle ne faisant pas l’économie de la profondeur. Il touche tous les niveaux de la personne humaine.

L’accompagnement existentiel vise une transformation globale, un changement de paradigme qui permette à la personne de se connecter à ses ressources intérieures pour manifester son être profond . L’enjeu est d’apprendre  et de construire un projet de vie épanouissant et utile pour nous et pour les autres.

Pour l’accompagnement existentiel, il n’y a pas de “patient” ou de “malade” mais uniquement des êtres humains, pourvus d’une conscience, d’une capacité de choisir leur vie, et dotés d’un potentiel de croissance et qui ont besoin à moment de leur vie d’un coup de pouce pour y voir plus clair, pour mieux comprendre l’existence, pour rompre avec la solitude, pour clarifier leur vécu intérieure, pour commencer un travail de deuil, de libération, de résilience.

Le plus important de l’existence tient sans doute dans cette démarche fragile et courageuse qui consiste à faire un retour sur soi-même.
C’est une invitation à prendre la mesure incommensurable de la beauté et de la noblesse d’être humain mais aussi d’intégrer nos failles dans nos existences précieuses et fragiles.

Un constat

Notre monde est-il devenu si déprimant et exigeant qu’on ne puisse plus y trouver de raison de vivre ?

On pourrait croire qu’il serait normal d’être heureux en Occident, où nous avons accès à tellement de choses qui peuvent contribuer à notre bonheur…Pourtant nous ne sommes généralement pas heureux.
En fait nous sommes plus souvent malheureux.

Sans philosopher sur la notion de bonheur, nous en resterons à l’idée d’une satisfaction totale et durable de notre être et si le bonheur est un état relevant d’une représentation consciente, nous savons cependant qu’il n’existe pas de réalité absolue, mais seulement des représentations (subjectives et parfois contradictoires) de la réalité.

Néanmoins, nous ne pouvons pas faire l’impasse sur la dimension systémique de l’existence et comme tous les systèmes ont des caractéristiques propres qui ne dépendent pas des individus qui les composent, notre bonheur sera forcement conditionné par le système dans lequel nous évoluons. De même, si nos représentations guident nos actions et que modifier nos représentations de la réalité modifie nos actions, toutes nos actions restent limités par le cadre de référence dans lequel elles s’inscrivent.  La liberté ne peut se concevoir que dans le cadre de lois, qu’elles soient naturelles ou sociales. 

Ainsi chaque matin, nous sommes nombreux à sentir que notre société malade pèse sur nos vies comme un fardeau et il ne semble pas être anormal d’être malheureux, inquiet, pessimiste quand on se rend compte que nous vivons dans un monde dysfonctionnel.

Personne ne peut nier  la réalité actuelle qui est que le monde humain est devenu, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, le siège d’une série impressionnante de délires exponentiels qui, nécessairement et mécaniquement, ne peuvent déboucher que sur la chaotisation générale que nous rencontrons aujourd’hui et dont le dérèglement climatique, les vagues migratoires, la monté des extrêmes, la crise des subprimes ou le covid-19 n’en sont que quelques manifestations particulières.

Ne perdons pas de vue que la modernité était “humaniste” et a débouché, au 20ème siècle sur des nihilismes parfaitement inhumains. Lorsque l’homme est seul service de l’humain, il tourne en rond et devient fou.

Si le mal de vivre n’est pas un trouble émotif nouveau, il semble toucher de plus en plus de personnes et aujourd’hui, il n’y a plus de frontière entre le mal de vivre, qui annule tout désir d’existence, et le mal à vivre qui traduit la difficulté d’être au monde à laquelle chacun est inéluctablement confronté. 

Comprendre entre autre l’interdépendance entre les mécanismes de la société et les fonctionnements humains, c’est comprendre le pourquoi d’une majorité de nos souffrances psychiques qui semblent se développer de plus en plus de nos jours et qui de plus nous mènent vers une standardisation sociale.
Oui, il existe dans nos sociétés des déficiences énormes qui constituent une atteinte concrète aux conditions de l’autoréalisation individuelle, donc à notre bonheur.
Cette déficience est la principale cause de douleurs existentielles source et de cristallisations nocives. 

Le psychiatre et psychothérapeute français Christophe André semble faire le même constat lorsqu’il nous dit que notre société est, « psychotoxique » et qu’il parle en même temps de « la maladie du matérialisme ».

Edgar MORIN lui, parle “d’intoxication cognitive généralisée” pour décrire le monde actuel, hanté par le souci de l’efficacité, du rendement, de la production utile, l’obsession du quantitatif…

Le matérialisme étant devenu la valeur suprême, cette valeur qui nous fragilise car nous sommes devenus malgré nous ses esclaves. Le matérialisme et ses effets pervers ne contribue absolument pas à notre bonheur, il ne s’inscrit pas dans la logique d’un bien-être pérenne, individuel comme collectif.

La société actuelle nous fait croire que notre malheur est le symptôme d’une inadaptation et paradoxalement nous demande de répondre aux critères qu’elle nous impose au détriment de notre épanouissement et réalisation personnelle.

Nous le voyons, l’homme se retrouve confronté à son propre échec de domination, de contrôle, de puissance, de progrès et consumérisme, de néo-libéralisme alors que paradoxalement, on nous a vendu le progrès comme une source de bonheur, comme une solution miracle à tous nos problèmes !

La consommation est devenue un moyen pour réguler nos états d’âme,  la pensée positive et l’ “Happycratie” sont le cheval de Troie du consumérisme et l’activité, la compétition, la possession ne sont qu’un moyen pour se sentir exister aux yeux des autres au même titre que ces “followers” et “likes” des réseaux sociaux qui ne font qu’intoxiquer notre esprit et renforcer notre auto-narcissisme. 

Dans notre quotidien, les progrès techniques ne font qu’accentuer les rythmes effrénés de production, creusant par la même occasion les inégalités et ils nous montrent aujourd’hui ses limites dans sa capacité à nous apporter réellement du bien-être.

Dans la logique actuelle, il semble évident que le futur paraît obscurci, du moins opaque car il nous oriente vers une unidimensionnalité de la vie, vers une virtualisation des rapports humains mais aussi vers l’aliénation des individualités.  
Dans ce monde où la seule manière de devenir soi est de consommer et où pèse sur chacun de nous des exigences de performance, de perfection et de conformisme, il devient de plus en plus difficile de trouver sa place et de se réaliser.

Si chacun porte en lui un rêve pour l’humanité, l’humain fait aujourd’hui face à un fatalisme, enlisé dans cette spirale infernale, il n’arrive désormais plus à discerner de sens à l’existence, de but dans la vie.  Il croit se réaliser à travers ses désirs, ses plaisirs, ses possessions qui sont futiles, illusoires, éphémères et qui ne combleront jamais ce vide intérieur qui le fait tant souffrir et qui le plonge dans ses “passions tristes*“.
Accablé, anesthésié, lobotomisé il vit coupé de lui-même, mort à l’intérieur.

* L’expression “passion triste” est de Spinoza. Par là il désigne les affects qui sont liés à une imperfection de mon être, à une diminution de puissance ou de liberté, comme la haine, la peur, l’anxiété, l’acédie, la mélancolie, la crainte, le désespoir, l’envie autres dégradations physiques ou mentales.

  • Alors qu’on nous annonce des catastrophes de plus en plus proches, comment peut-on continuer à vivre malgré un avenir aussi incertain ?
  • Comment trouver du sens à sa vie quand tout part en vrille ?
  • Et si l’humanité traversait son coté obscur pour mieux renaître dans la lumière  comme le phénix renaissait de ses cendres ?

Voilà bien des questions sans réponse. 

L’homme doit maintenant sortir des schémas et fonctionnements compulsifs  que nourrissent les paradigmes de notre société individualiste.

Non, le mal de vivre d’aujourd’hui ne prend pas racine dans votre psychisme vulnérable mais bien dans notre société malade, dans notre économie folle et ses mécanismes absurdes, dans le dogme de la croissance infinie, dans la  course aux profits et aux gaspillages, dans la politique dysfonctionnelle, dans la dérégulation des écosystèmes, dans notre pulsion dominatrice sur la nature, dans les inégalités sociales, dans l’éclatement des valeurs familiales et finalement dans cette humanité déshumanisée dont nous faisons tous parti. 

Le mal de vivre n’est pas une fatalité et peut être utilisée comme occasion pour approfondir la recherche intérieure, la connaissance de soi et se libérer de nos conditionnements, de nos blocages, de nos croyances limitantes pour retrouver ce que nous sommes réellement et ce qui compte réellement pour nous et nous relier de nouveau au sacré de la vie.

« L’homme moderne, noyé dans de fausses idéologies collectives, désorienté par un manque de valeurs auxquelles se raccrocher, a oublié qu’il avait une âme. Il recherche désespérément en dehors de lui quelque chose qui puisse l’animer, le rendre vivant. C’est pourtant en lui qu’il pourrait retrouver le contact avec les forces inconscientes qui l’animent, en se confrontant avec elles. » Carl Gustav Jung

Qu’est-ce que le mal de vivre ?

Le mal de vivre serait inhérent à la condition humaine car il prendrait racine dans la dimension tragique de l’existence.

Appelé “Bile Noire” à l’antiquité, “Acédie” à l’émergence du christianisme, “Mélancolie” à la renaissance, “Mal du Siècle” chez les romantiques, “Spleen” chez les poètes, “Nausée” chez Sartre ou encore “Blues”,  “Ennui”, “Dépression”,  “Angoisse”, “Souffrance Psychologique”, “Souffrance Psychique”, “Souffrance Existentielle”,  “Détresse Morale” les mots ne manquent pas pour le définir.

Le mal de vivre est avant tout un vécu individuel, des sentiments, des sensations, des émotions voir parfois une somatisation. La personne qui en souffre ressent diverses formes de symptômes. Ceux-ci se vivent avec plus ou moins d’intensité. 

Cependant, dans nos sociétés, nous confondons souvent le mal de vivre avec une maladie, tout simplement parce nous n’avons pas les bons repères.
Force est de constater que nous avons, en Occident, des difficultés à trouver une réponse d’arrêt durable, adaptée à cette souffrance psychique.

Souvenez vous, Jiddu Krishnamurti disait: ” Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade.”
Sauf erreur, il a écrit cela dans son livre « Vivre dans un monde en crise » au alentour de 1930, soit il y a plus de 90 ans. Les maladies sociétales n’ont fait que de s’aggraver en presque qu’un siècle !

Déjà en 1945, Viktor Frankl, professeur Autrichien en neurospychiatrie estimait que l’une des principales causes de névrose était la perte de sens.
Il nommait cette névrose « névrose noogène ». 

Il défendait la thèse selon laquelle l’inconscient est principalement d’essence spirituelle, car « lorsqu’on trouve un sens aux événements de sa vie, la souffrance diminue et la santé mentale s’améliore ».
Au-delà de l’instinct de plaisir, la nature profonde de l’Homme le conduit vers la réalisation morale. 

Nous voyons bien que seule, une approche holistique et une profonde compréhension de cette douleur peut-être en mesure de soulager cette souffrance.

Une thérapie n’étant pas en mesure de traiter de questions philosophiques ou spirituelles et un coaching classique est généralement centré sur l’atteinte d’objectifs concrets. 

Quand nous ne savons plus si le sens de notre vie correspond à nos aspirations, un conflit interne prend naissance et le mal de vivre peut prendre la forme de souffrance existentielle.

Des questions sur le sens de la vie, sur souffrance, sur la mort, sur l’existence d’un dieu, sur les conséquences de notre passage sur terre peuvent envahir votre esprit du matin au soir.

Nous doutons de tout, nous remettons tout en question, nous souffrons et avons mal.

Nombreuses sont les personnes qui se posent des questions sans réellement trouver de réponse satisfaisante et qui en souffrent profondement
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Pourquoi vivons-nous ? Dans quel but ?

Dans -Le Mythe De Sisyphe: Essai Sur L’absurde – Albert Camus disait :

“Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux: c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie.”

D’où vient ce mal de vivre que certains portent comme une peau de chagrin depuis des années ?

Il est important de mettre en relation le mal de vivre avec l’intelligence.

Aristote le dit clairement: “Tous les hommes qui furent exceptionnels en philosophie, en politique, en poésie ou dans les arts étaient manifestement mélancoliques”. 

Il faut selon moi, pour comprendre cette affirmation, se référer à la théorie des intelligences multiples proposée pour la première fois en 1983 par Howard Gardner qui suggère qu’il existe plusieurs types d’intelligence chez l’enfant comme chez l’adulte.  Parmi ces neuf intelligences, l’intelligence naturaliste et l’intelligence existentielle sont des habilités à penser la vie et l’existence. Ces intelligences ayant une certaine tendance à conduire la pensée vers des questions existentielles et à la recherche de sens, de réponses plus transcendantales.

Malgré leur volonté, des individus sont donc prédisposés à se poser certaines questions fondamentales de l’existence qui ne trouvent pas forcément de réponses concrètes et qui déstabilise leur conscience, car ils n’arrivent pas à trouver le sens de leur ou de la vie. 

Voilà pourquoi, dès le début de l’ère chrétienne, l’acédie ou mal de vivre était présent à coté de la tristesse dans les huit vices capitaux qui affectaient les moines de l’époque. car trop souvent la recherche de sens nous mène à l’absurde (*)

(*) Camus va qualifier d’absurde la distance entre la recherche de sens par les êtres humains et l’indifférence absolue de l’univers à cette question. L’absurde est la recherche de sens dans quelque chose qui n’en a tout simplement pas. En d’autres termes, la vie humaine est sans importance pour le vaste univers qui l’entoure.

Si le mal de vivre n’est donc pas nécessairement lié à notre environnement, il peut être associé à un événement, une personne, un traumatisme, un handicap etc…mais il prend obligatoirement racine dans le regard que nous portons sur le monde, ce monde que nous percevons à travers le prisme de notre type d’intelligence dominante et notre structuration psychologique, de notre sensibilité.

Un modèle d’analyse des archétypes de la personnalité appelé Ennéagramme et dont certaines légendes attribuent cette connaissance aux savants babyloniens (-2500 ans avant J.C.) nous propose un profil ou “type” qui a certaine tendance à la mélancolie. Ce profil préfère fonctionner dans son centre émotionnel tourné vers l’intérieur. 

Bien évidement, cette tentative d’analyse du mal de vivre reste minoritaire et les médecins psychiatres vous dirons peut-être que vous avez un déséquilibre des neurotransmetteurs, que vous pouvez manquer de certaines composantes et ils vous prescrirons de antidépresseurs ou anxiolytiques.

D’autres personnes auront l’impression d’être nées comme ça, porteurs de ce mal de vivre qui ne les lâche pas, alors ils chercheront à savoir s’il n’y a des prédispositions génétiques, transgénérationnelles qui pourraient expliquer leur mal-être.

Sans réponse, elles pourront alors explorer des domaines moins conventionnels, comme les constellations familiales, l’hypnose régressive, le chamanisme ou encore chercher du réconfort dans des spiritualités, dans des dépendances, dans des comportements compulsifs.

Peut-être toutes ces pistes d’explications comportent-elles une part de vérité et peut-être que ces personnes n’auront jamais la réponse à leurs questions.
Mais rarement vous entendrez dire que votre mal de vivre peut prendre racine dans votre environnement économique, social, familial ou dans vos conditions de vie.
Jamais vous n’entendrez dire que ce malaise est peut-être le signe d’une grande lucidité sur le regard posé sur notre monde actuel, car entre le pessimiste et l’optimiste, il y a le réaliste.

  • Pourquoi ce mal de vivre semble toucher de plus en plus de monde ?

Nous avons déjà des pistes dans ce qui a été abordé plus haut.
Sébastien Bohler, docteur en neuroscience et rédacteur en chef du magazine “Cerveau et psycho” apporte sur ces questions un éclairage nouveau, parlant même de bug humain.

V. Frankl a lui forgé le terme de névrose noogène pour parler d’une forme de souffrance psychique qui ne se confond pas avec la névrose psychogène, identifiée par Freud, ni avec la névrose somatogène.
L’expression « névrose noogène » est forgée à partir du terme de « noésis », lui-même forgé à partir du vocable grec noos, qui désigne l’esprit (distinct du psychisme).
Dissipons un malentendu possible : La névrose noogène n’est pas une atteinte de la noésis, mais plutôt une perturbation du rapport à la noésis, en tant qu’elle s’exprime par la dynamique existentielle (noodynamique).
En tant que perturbation de la noodynamique, la névrose noogène est donc consécutive à la perte des valeurs, au sentiment de la perte de sens, voire au sentiment de dévalorisation.

Dans notre société, les valeurs qui faisaient parti intégrante de notre nature humaine disparaissent, les religions ou spiritualités qui étaient porteuses de “sens” ont elles aussi disparues. Seul demeure en premier plan de l’existence, la logique matérialiste qui inévitablement nous conduira dans le mur.

Personnellement, je rajouterais que l’homme en ayant développé la conscience de lui même, une certaine capacité d’abstraction, s’est cru supérieur au reste de la création, il s’est coupé de la vie, au lieu de chercher à s’adapter à son environnement, il a cherché à adapter l’environnement aux caprices de son mental, il a voulu le dominer la création.
Il a imposé ses propres règles, ses propres concepts alors qu’il n’avait qu’à suivre les règles de la nature et les lois de l’univers.
En modifiant son environnement, mais aussi les règles du vivant, l’homme s’en est tout simplement exclu et aujourd’hui sa survie est profondément remise en cause.

André Gide disait: “L’intelligence, c’est la faculté d’adaptation.”

A partir de ce constat, il me semble que nous sommes en droit de  nous interroger sur notre aptitude à utiliser les capacités de notre mental de façon appropriées !
Ce mental qui dans toutes les traditions est aussi à l’origine de la construction de l’Ego (*), cet Ego qui nous fait vivre dans un monde de compétition, ce “toujours plus” qui épuise la terre autant que les hommes.
Regardez dans la nature, tout fonctionne sur un mode coopération et non pas de compétition comme dans nos sociétés.
Lhomme est incapable de faire des choix justes, il n’a aucun libre arbitre car il agit toujours en cédant à la tentation la plus forte.

(*) Dans le soufisme, on fait référence au “soi impérieux”, c’est l’aspect négatif de l’Ego, il se manifeste donc à travers des pulsions nuisibles qui s’opposent systématiquement aux valeurs de l’éthique véritable.

Hubert Reeves nous dit “Je pense que l’humanité n’est pas nécessairement la favorite de la nature, que l’humanité peut très bien disparaître, que nous ne sommes pas une espèce sacrée, qu’il y a eu 10 millions d’espèces animales jusqu’ici, que neuf millions ont été éliminées…
On n’est pas l’espèce élue, comme on l’a cru pendant longtemps ; la nature peut très bien se passer de nous. Et elle ne nous éliminera pas ; c’est nous qui pourrions nous éliminer.
Et si nous nous éliminons, la nature ne fera pas particulièrement un deuil, mais elle continuera à développer d’autres espèces, en espérant que ces espèces seront plus en mesure de se préserver et de ne pas se détruire.”

  • Peut-on sortir de cette spirale infernale ?

Pour moi, la question ne se pose pas en ces termes, il y a suffisamment de pseudo-thérapeutes, de créateurs de méthodes miracles et de pseudos-gourous qui vous promettent la lune et vendent des illusions.

Nous savons que depuis toujours, aux quatre coins du globe des philosophes, des sages, des religieux ont questionnés le sens de la souffrance, de l’existence, notre rapport à la vie, notre rapport à nous-même.

Pour beaucoup, l’éveil, la réalisation du soi, le Samâdhi serait le moyen d’échapper à la souffrance humaine. Dans la tradition zen, un proverbe nous dit :
“Avant l’éveil, coupe du bois et va chercher de l’eau. Après l’éveil, coupe du bois et va chercher de l’eau”.

Ce proverbe nous explique que l’atteinte de l’état d’éveil n’est pas lié à un changement matériel et extérieur, mais à un changement de notre compréhension du monde, de notre perception de la réalité, de notre vision interne, de notre résistance à ce qui est.

C’est donc sur le changement de notre « intériorité » que nous devons travailler.

Des stoïciens aux taôistes, des Esséniens aux  pratiquants de la doctrine non dualiste du Vedānta, des chamanes aux soufis, tous nous ont laissé un trésor inestimable, une analyse très pertinente de l’existence.

Dans son essai publié en 1942 “Le Mythe de Sisyphe ” Albert Camus introduit sa philosophie de l’absurde : la recherche en vain de sens de l’homme, d’unité et de clarté, dans un monde inintelligible, dépourvu de Dieu et dépourvu de vérités ou valeurs éternelles. La prise de conscience de l’absurde nécessite-t-elle le suicide?
Camus répond : « Non, elle nécessite la révolte ».
 

Aujourd’hui, la troisième vague des thérapies cognitivo-comportementales et plus particulièrement la thérapie ACT (Acceptation and Commitment Therapy ), thérapie mise au point par Steven Hayes (dont les travaux initiaux remontent à la première moitié des années 1980), nous propose des techniques de pleine conscience d’origine bouddhiste à l’activation comportementale et aux méthodes issues de la nouvelle analyse du langage et de la cognition qui la sous-tend afin de développer une plus grande flexibilité psychologique pour faire face aux adversités de l’existence.

Fondateur de la logothérapie, V. Frankl était convaincu que ce qui nous rend uniques est l’esprit. Pour lui, réduire la vie et la nature humaine au “néant”, comme l’ont fait beaucoup de philosophes et de psychiatres de l’époque, ne correspondait pas à la pensée la plus appropriée.

Nous voyons actuellement l’émergence des neurosciences existentielles qui ne font finalement que mettre en évidence ce que l’on savait déjà depuis toujours mais en plus, elles mettent en évidence ce qui nous empêche d’appliquer les sagesses ancestrales, le conflit qui se joue à l’intérieur de notre cerveau. 

Dans mon approche, je ne fais qu’extraire la quintessence de tous ces enseignements, je les vulgarise, je les articules entre eux, je les adapte au monde actuel et la met en perspective afin que la compréhension de nos fonctionnements nous conduisent à changer de paradigme et nous conduise sur le bon chemin. 

 

     Pourquoi avoir choisi ce type d’accompagnement ?

“J’aime les personnes qui ont souffert.
Je les admire, je les cherche.
En elles il y a une force indomptable, une force que je peux percevoir.
Chaque fois que je rencontre une personne avec cette force, je confirme à quel point nous sommes exactement le contraire de ce que nous pouvons paraître..
Seul celui qui peut encore ressentir la douleur peut connaître pleinement son contraire.
Seule la souffrance peut être appréciée du bonheur.
Le courage ne se réalise qu’avec la peur .…”

Ayant exercé de nombreux emplois dans le domaine du social, j’ai constaté que les gens qui portent ce mal de vivre me touchent particulièrement. Ce sont habituellement des personnes qui réfléchissent beaucoup. Et qui s’intéressent à des thèmes transcendants comme la mort ou le manque de liberté.

Ce sont généralement des personnes d’une grande sensibilité et cela raisonne fortement en moi, je ressens leur souffrance, je sais ce qu’ils vivent, j’ai mal pour eux, avec eux.

Le regard qu’ils posent sur la vie est d’une extrême lucidité. Leur esprit me semble plus sain que ceux qui 

N’ayant pas été épargné par la vie, par les drames, les deuils, les souffrances, les problèmes de santé, je me suis moi aussi posé les questions qu’ils se posent.

J’ai moi aussi tenté de comprendre, d’avoir des réponses, d’amélioré l’existence.

J’ai eu la chance dans mon travail de pouvoir côtoyer des professionnels de la relation d’aide, de me former à différentes approches thérapeutiques, j’ai aussi eu la chance de pouvoir m’accordé quelques années sabbatiques pour faire un réel travail d’introspection, de recherche dans les domaines thérapeutiques, philosophiques, spirituels, chamaniques.

J’ai lu énormément, j’ai écouté des satsangs, j’ai médité, j’ai testé des pratiques ancestrales, j’ai échangé avec énormément de personnes en mesure de m’apporter quelque chose.…

·         Sur quoi repose alors votre accompagnement ?

Mon travail repose essentiellement sur 5 axes principaux :

  • La connaissance de soi (comment je perçois le monde et crée ma propre réalité, d’où viennent mes souffrances, quels sont les rapports que j’entretien avec mon mental etc…).
  • Certaines approches philosophico-spirituelle apportent des explications sur la structure de notre conscience (psychisme), Ainsi que sur les mécanismes inhérents à notre conscience, et à l’origine de la souffrance psychique. 
  • La flexibilité psychologique (Comment je me comporte face à la réalité de l’existence, suis-je dans l’accueil ou dans la lutte, suis-je proactif ou réactif, suis-je capable de donner du sens à mon vécu etc…)
  • L’homéostasie est la source du bien être autant physique que psychologique. Elle correspond à la capacité d’un système à maintenir l’équilibre de son milieu intérieur, quelles que soient les contraintes externes. La notion d’équilibre a une place importante dans mon approche.
  • La spiritualité est aussi abordée tout en gardant à l’esprit qu’une part du mystère restera inaccessible à la raison humaine. La spiritualité est une quête personnelle qui n’a de sens que si elle s’incarne dans le quotidien. Si pour une majorité de personne elle peut-être vu comme une fuite, elle est aussi source de sens, source de compréhension du monde duel dans lequel nous vivons, source de transcendance des souffrances incontournables de l’existence, source de silence, d’intériorité et donc de paix intérieur.
  • La spiritualité est personnelle, la religion est collective. La spiritualité doit nous conduire à sortir de notre vision manichéenne de l’existence et à accueillir toutes les nuances, toutes les polarités de la vie. 
  • Le discernement  ou acquérir la capacité à juger par soi-même, c’est le seul moyen de découvrir ce qui est vrai : 
    – Quelles sont les circonstances sur lesquelles je peux agir et celles qui ne dépendent pas de moi ?
    – Que serait la vie si elle ne se déroulait pas dans cette dualité (Plaisir/Souffrance) – (Naissance/Mort) – (Attraction/Répulsion) ?
    – Quelles sont les croyances qui m’appartiennent réellement, suis-je dans mon espace de liberté ou dans le conformisme ?
    – En me focalisant continuellement sur une souffrance, est-ce que cela aide réellement à ce qu’elle prenne moins de place dans ma vie ?
    – À Qui / à Quoi je consacre mon temps et mon Énergie ?

Les questions ne manquent pas, mais il est important de voir les choses telles qu’elles sont et non pas telles que j’aimerais qu’elles soient ou telles que l’on m’a fait croire qu’elles étaient.

Nous ne pouvons vivre la conscience libérée
tant que nous adhérons à une partie de nous-mêmes qui n’est pas libre.

Demeurons toujours libres dans notre cheminement, dans nos pensées, dans nos croyances, enfin, libres dans nos pratiques et nos choix.